Kulebra and the Souls of Limbo
Publié le 24 Aout 2026.
Prenez une esthétique Paper Mario (décors en 3D low-poly, personnages en 2D de papier), proposez un récit sur le deuil et le regret, intégrez une galerie de personnages très affirmés, ajoutez un cycle jour-soir-nuit avec une boucle temporelle à la Majora's Mask, assaisonnez avec un humour pas envahissant mais efficace.
Et paf, ça fait “Kulebra and the Souls of Limbo”, un des meilleurs jeux auxquels j'aie joué cette année.

Vous êtes Kulebra, vous avez été désigné passeur d'âmes, devant aider des âmes à trouver des conclusions aux conflits dans lesquels elles sont impliquées avant qu'elles ne disparaissent pour de bon.
C'est un jeu de quêtes d'une quinzaine d'heures traversant cinq gros chapitres et un épilogue. Vous en traversez la plupart des zones en ligne droite dans un premier temps, puis êtes amené à y revenir ensuite. On ne voit pas tant de zones que ça mais il y a beaucoup à y faire.

Chaque chapitre correspond à une boucle temporelle d'un jour dans lequel vous et les âmes êtes coincés. Le but d'une journée est de suffisamment en altérer les évènements pour que les âmes s'en souviennent et prennent conscience d'être coincées dans une boucle, pour qu'elles puissent changer de comportement à l'itération suivante et que l'histoire avance.

C'est un jeu à texte dans lequel retenir les informations qui vous sont données est essentiel (mais vous avez un journal de bord où tout est noté).
Ce qui se rapproche le plus d'un système de combats surgit en fait à la conclusion d'un chapitre, quand vous entamez une joute verbale avec une âme obscurcie par son ressenti, en restituant ce que vous avez appris, pour tenter de la convaincre de revenir sur ses pensées, ou l'enfoncer dans les ténèbres si vous vous trompez en répondant.

Certains passages d'action vous demanderont quelques réflexes, et les réponses qu'on vous demande de donner demandent parfois un effort de mémorisation, mais la progression est dans l'ensemble très fluide et peu exigeante.
Il y a aussi un côté spooky et des phases d'infiltration, mais qui m'ont paru acceptables alors que j'aime pas ça dans le jeu vidéo en temps normal.

Étant personnellement embourbé dans la culpabilité depuis plus de deux ans, je pense que certains récits du jeu m'ont d'autant plus percuté (si ce n'est que je n'ai pas de Kulebra pour m'aider à comprendre tous les aspects de ma propre histoire), mais je trouve ces récits suffisamment forts pour qu'ils puissent parler à beaucoup de monde.
C'est un jeu qui n'a visiblement pas connu un grand succès, et bon sang quel dommage.
