Mon rapport à Tron
Publié le 17 Janvier 2026.
Après avoir replongé dans Star Wars, j'ai eu envie de revenir sur une autre de mes sagas de cœur, à savoir Tron, et c'est prodigieux de voir que l'univers est encore plus bordélique que Star Wars en ayant pourtant beaucoup moins d’œuvres liées.
Il y a 28 puis 15 ans entre les trois films, un premier jeu vidéo qui était la suite officielle du premier film, mais qui est sorti de la timeline ensuite. Et puis la typo du logo change à chaque fois pour bien symboliser que tout a été jeté entre chaque œuvre.




Premier et deuxième film
Cette semaine j'ai revu les deux premiers films (Tron, Tron Legacy) et découvert le troisième (Tron Ares). Ce qui fait vraiment la force de cette saga c'est sa forme, bon sang ce que c'est beau tant visuellement (bon le premier a peut-être bien bien vieilli quand même) qu'auditivement.
En trois films j'ai par contre vu trois approches classiques des histoires qu'on conte dans les films à gros budget et aucune que je n'aie trouvé vraiment palpitante malgré des éléments de lore très timides.
À côté, l'univers a donc connu un premier jeu vidéo qui a été sorti de la timeline (Tron 2.0) ; puis il y a eu un autre jeu vidéo (Tron Evolution), une série animée (Tron Uprising) et un comics (Tron Betrayal) tous trois se déroulant juste avant le deuxième film.
Après avoir publié cet article, j'ai lu le comics, il permet un léger développement de son univers, puis j'ai vu la série animée. Je suis pas trop fan de l'apparence des personnages, l'histoire commence de manière assez clichée, mais se développe et devient plus intéressante au fil des épisodes, et nous donne rendez-vous pour une saison 2 qui n'est jamais arrivée. Les décors sont très beaux, la musique très proche de ce qu'avaient pu faire les Daft Punk sur le deuxième film (le fait que le compositeur de la série ait travaillé avec eux sur le film aide beaucoup).
(Du coup j'apprécie surtout la période du deuxième film, contemporaine de ma découverte, et le fait que les deux robots bien connus soient impliqués dans l'univers musical de l'époque n'y est pas étranger.)
Histoire récente
En 2023, l'univers a montré des signes de vie, de par la reprise de l'esthétique du deuxième film pour la transposer dans un jeu Bithell Games, connu entre autres pour quatre jeux qu'ils avaient déjà placé dans ma liste de recos avant ça : Thomas Was Alone, Subsurface & Quarantine Circular et The Solitaire Conspiracy.
Quatre courts jeux avec une forte composante narrative, parfois beaucoup de lecture, que j'avais pas forcément pleinement compris après les avoir fini, mais avec des approches de leurs univers assez poussées.




Bithell Games a donc réussi à produire deux nouveaux jeux. Tron Identity est un de ces jeux fortement narratifs comme le studio en a déjà fait, mais du coup j'admets m'être souvent perdu, ne pas réussir à raccrocher les wagons avec ce que je connaissais des deux premiers films. Il n'y a aucun doute quant au fait que le jeu a été produit avec amour pour l'univers, mais il y a tellement de notions abordées, tellement de jargon. J'ai fait Tron Catalyst après avoir publié cet article, que j'ai en revanche laissé tomber assez vite. Il y a toujours une forte composante narrative, mais également une grosse partie jeu d'action assez complexe à prendre en main, et punitive car faisant revenir plusieurs étapes en arrière si on se plante. L'histoire était néanmoins intéressante.


L'historique de ces deux jeux est d'autant plus frustrant que toute cette esthétique et ligne temporelle reprise du second film est pratiquement entièrement balayée par le troisième film, ça donne presque l'impression que les jeux ont été sortis du canon moins de deux ans après leur sortie. J'ai dû lire un wiki pour comprendre que les mondes virtuels (les grilles) sont en fait des mondes distincts avec chacun leur historique (on distingue les grilles du premier Tron, la grille de Tron Legacy / Betrayal / Uprising / Evolution, la grille d'Identity / Catalyst, et les deux grilles récentes d'Ares).
Le troisième film oscille entre références et contradictions vis-à-vis des deux premiers, ses mondes virtuels sont pratiquement inexistants, et le film se permet des ouvertures scénaristiques pour de futurs films qui sont loin d'être assurés.
J'ai pas passé un mauvais moment devant le troisième film mais j'en suis sorti déçu. C'est toujours visuellement impeccable et les deux leitmotivs musicaux s'intègrent bien (quoique j'ai moins aimé les passages chantés, mais bon ils sont rares), mais j'ai l'impression d'avoir vu une histoire intégrée au forceps à force de réécritures, qui apporte une nouvelle proposition mais sans savoir quoi faire de son passé.
On dira ce qu'on voudra de Star Wars, c'est une licence un peu plus soucieuse de sa cohérence générale que Tron. C'est dommage que les cadres de Disney se soucient si peu de cette cohérence, alors que c'est un sujet central de Star Wars également piloté par Disney aujourd'hui.