The Entropy Centre (et Portal)
Publié le 16 Mars 2025.
Plus j'écume de jeux de puzzle à la première personne (Portal-like), plus je me dis que le fait que la formule ait marché pour Portal 1&2 tient de plus en plus du prodige. Depuis, tellement de jeux de ce style se sont cassé les dents sur des critères variés, les rendant bof voire injouables.

- Des personnages charismatiques ? GLaDOS tient le joueur en haleine, Wheatley est attachant dans son absurdité, ce ne sont pas des voix off sans âme.
- Des puzzles intelligents mais intuitifs ? Portal a un gameplay complètement inédit pour son époque et ses salles ne virent pas dans une absurde difficulté.
- Un rendu visuel à la fois beau et performant ? Portal ne rame pas sur Switch, beaucoup de ses semblables échouent, rament, sont moches, voire les deux à la fois.

Il ne reste souvent que l'ambiance de mystère promise par le lore du jeu, face à laquelle je suis souvent curieux d'en savoir plus, et développe l'envie de m'y attacher ... mais vu qu'à côté, il manque souvent un ou plusieurs des critères évoqués au-dessus, ou que ceux-ci sont trop moyens, les vraies réussites ou les jeux au moins corrects dans cette catégorie sont si rares.

Jusqu'à présent, sur la dizaine de jeux de cette catégorie que j'ai testé, il n'y en a que quatre qui s'en sortent à peu près face à Portal :
Les deux jeux de la sérié Q.U.B.E., et encore, les visuels sont ternes et parfois flous. Et puis la fin de Q.U.B.E. 2 est bâclée.
The Turing Test a un bon équilibre sans être renversant, mais a sauté de l'eShop pour une raison inconnue.
The Talos Principle s'en sort très bien, quoique sa difficulté soit notable sur la fin, mais le début et le milieu du jeu sont suffisamment prenants.
The Witness est pas sorti sur Switch, c'est un des derniers jeux que j'ai fait sur PC.
Et puis ce week-end, j'ai fait The Entropy Centre.

On incarne Aria, qui rencontre Astra, une sympathique IA habitant dans un fusil capable de faire remonter le temps à des objets (avant qu'ils ne se déplacent, qu'ils ne cassent, ...).
La mécanique de jeu repose donc sur ce fusil, on déplace des cubes de différentes natures, puis on leur intime de faire marche arrière ensuite, pour passer de salle en salle. C'est souvent calme, même s'ils y a des phases demandant des réflexes, voire stressantes.

Aria se trouve sur une station lunaire possédant la puissance nécessaire pour empêcher l'apocalypse sur la Terre. Mais cette station manque d'énergie, et résoudre ces salles permet d'en générer.
On trouve régulièrement des messages d'anciennes personnes ayant fréquenté ce lieu, expliquant son histoire, son utilité. Ça parle de la vie dans la station, de cataclysmes, et c'est parfois drôle en plus.

Pour évoquer tout de suite les défauts, les personnages sont assez classiques ; et jouant sur Switch, j'ai parfois rencontré des glitches de son (mauvaise balance des sons, musique qui se coupe brusquement) ... mais tout le reste est réussi.
La difficulté du jeu est pile poil comme il faut, visuellement ça reste propre quasi sans jamais ramer, l'histoire est prenante sans être imbitable, et le jeu a ses moments de mise en scène intenses.

Il faut compter une dizaine d'heures pour tout voir, et j'ai passé un excellent moment au point que je dirais que le jeu se classe dans le haut du panier des Portal-like.
Ça fait partie des jeux récemment édités par Playstack, qui a aussi mis en avant Balatro (le jeu de cartes qui a drogué tout le monde dont moi) et Golden Idol (la saga d'enquête à laquelle je n'ai pas encore joué mais qui pourrait me plaire), vraisemblablement une boite qui a le nez creux.

(Bon dommage de pas avoir nommé le jeu Centropy ceci dit, une occasion manquée j'imagine m'enfin bref.)