Georges la Saucisse

J'ai écrit cinq contes !

La session d'entretiens put se terminer avec l'embauche de la quasi-totalité des personnes présentes ! Seuls deux irréductibles ont préféré continuer de faire la promotion des vélos sans vraiment argumenter leur choix. Toute l'équipe prit la soirée et la nuit pour se préparer pour pouvoir quitter la ville au petit matin. Pourtant, dès ce petit matin, cette équipe rencontra un problème d'envergure alors qu'elle s'apprêtait à quitter la ville. Et pour comprendre ce problème, il nous fallait faire un retour en arrière.

Voilà quelques années, la ville d'Hertzenfoulchenheim eut un projet d'aire de jeux située en périphérie de ses frontières. Un appel d'offres fut lancé pour savoir qui serait en mesure de construire cette aire de jeux dont l'objectif était de redynamiser la jeunesse des alentours. À la surprise générale, cet appel d'offres fut remporté. Le premier jeu pouvait alors être construit, il s'agirait d'une patinoire qui pourrait fonctionner toute l'année, ce grâce à l'utilisation d'un matériau plus que révolutionnaire : un carrelage en nickel. Le nickel bénéficie effectivement de propriétés méconnues, comme celle permettant à toute surface entrant en contact avec de glisser. Mais il était trop dangereux de créer une unique surface plane composée uniquement de nickel, il fallait donc couler cet élément sous forme de dalles, qui seraient ensuite fixées entre elles sous forme de carrelage. Un magasin de bricolage avait même réalisé une vidéo expliquant ces détails techniques à propos du carrelage, vidéo qui serait diffusée à l'entrée de l'aire de jeux pour que les familles puissent la consulter à tout moment. Les enfants allaient adorer ! Afin de renforcer les propriétés glissantes de ce matériau, il fut même décidé d'empiler deux couches de carrelage en nickel, afin que les dalles puissent se faire glisser mutuellement et ainsi augmenter l'aérodynamique de la piste ! Le jour d'inauguration de ce premier jeu était arrivé. Immédiatement, des dizaines d'enfants se ruèrent sur la piste pour l'essayer ! Mais il y avait un problème, l'administration d'Hertzenfoulchenheim n'avait pas pris de nouvelles de l'équipe de construction depuis des mois et s'était contentée d'ouvrir la piste au jour auquel il avait été convenu de l'ouvrir au moment de signer le contrat. Et il était trop tard pour se rendre compte du désastre à venir, un désastre provoqué par le fait ... que la piste glissait trop. Des dizaines de personnes ayant construit la piste avaient disparu depuis des mois, et pour cause, elles avaient glissé sur ce carrelage et s'étaient blessées ou tuées. N'ayant jamais pu finir leur tâche, elles avaient laissé leurs affaires de construction éparpillées sur toute la piste ! Toute la surface était jonchée de brouettes, de bétonnières, et parfois même de cadavres. Et les enfants s'étaient élancés sur cette piste, et avaient rencontré les mêmes soucis. Le carrelage n'était pas fini, il était facile de se coincer un membre dans une jonction et de tomber, et le nickel dans les dents, ça fait mal. En plus des blessures et des décès, les enfants glissaient tellement qu'ils rentraient dans les ustensiles de travail, et se tuaient encore plus fréquemment que les ouvriers, chargés de ce projet grotesque. Au vu des réactions mitigées recueillies envers les parents, il fut décidé de fermer cette piste de patinage et de ne plus continuer le projet d'aire de jeux.

Cette piste avait été laissée à l'abandon, jusqu'à aujourd'hui, le jour où Florent et ses aventuriers devaient la traverser. Il fallait suivre la carte du lapin à la flèche près, c'était une règle de géographe, et les premières flèches traversaient cette piste. Mais Florent étant un magicien, il prononça une formule magique : “auieyoaeuyuoieyaueyauoeyaueyiyeioayeuiayeouiyaie” Le nickel se changea instantanément en terre meuble, ce qui permit à toute l'équipe de traverser sans encombre.

Le Carrelage en Nickel

La suite de notre aventure menait notre petite équipe dans les fonds marins. En effet, il serait nécessaire de traverser un petit lac pour continuer le chemin. Ce lac n'était long que de quelques mètres, mais la carte spécifiait bien qu'il fallait en atteindre le fond avant de remonter, et ce fond, personne ne l'avait jamais atteint. Au vu de la raideur de la pente sous-marine, il allait falloir descendre en rappel, ce qui n'est pas chose aisée à faire sous l'eau. Fort heureusement, un des membres de l'équipe était cordier, et avait apporté avec lui tout le cordage nécessaire pour couvrir plusieurs mètres. En revanche, personne n'avait pensé aux fixations. Il serait donc nécessaire de s'aider de la poussée d'Archimède pour ne pas tomber trop vite en cas de problème.

Beaucoup de membres de l'équipage ne parvinrent pas à gérer ces contradictions des lois de la physique, et se noyèrent assez vite, soit à cause d'une chute mal négociée, soit à cause de l'eau, qui reste aujourd'hui la principale cause des morts par noyade. Mais la plupart réussit quand même à exercer une descente assez honnête dans ces abysses. En tête de cortège, Florent était parvenu à fouler le sol en premier. Du moins en théorie, car sa jambe ne répondant toujours pas, il était toujours contraint de se balader en vélo, ce qui pour une descente en rappel dans l'eau n'était pas simple non plus. Nombre d'espèces curieuses l'entouraient dans ces profondeurs insoupçonnées, mais vu qu'il y faisait nuit noire, il était impossible de les admirer, quel dommage.

“Valeureux chevaliers !” Une voix caverneuse avec un lourd écho s'était faite entendre. Impossible de deviner d'où provenait le son, qui semblait rebondir sur l'eau tout autour, mais aussi parce qu'il faisait nuit, on l'a déjà dit. “Valeureux chevaliers !” L'appel était plus insistant, les membres de l'équipe encore en vie baladaient leurs regards partout mais ne décelaient rien. “Oh ! Je vous parle !” “Mais ... vous êtes où ?” osa Florent qui ne voyait rien non plus malgré ses compétences. “Mais là, oh ! C'est pas possible de rien voir comme ça !” “Bon ... même si on vous voit pas, on peut se parler, qui êtes-vous ?” “Je suis le Paroxysme des Abysses !” “Mais ... un paroxysme c'est intangible.” “Exactement !” “Du coup, c'est pour ça qu'on vous voit pas.” “Félicitations ! Vous avez résolu ma première énigme !” “Ah.” “Vous êtes au Paroxysme des Abysses, il n'existe pas de point plus profond ... du moins pas dans ce lac.” “C'est vrai, le fond de ce chapeau est bien plus profond.” enchaîna le lapin coincé dans le chapeau qui se sentait laissé de côté depuis tout à l'heure. “Félicitations ! Vous avez résolu ma deuxième énigme !” “Ah.” “Vous allez à présent pouvoir résoudre ma dernière énigme ... qu'est-ce qui est gris ?” “Moi !” répondit le grille-pain gris qui grille pas de pain de mie ou sauf du pain de mie, non, du pain de mie sauf du, oh je sais plus. “Félicitations ! Vous avez résolu ma dernière énigme !” “Ah.” “Bon courage pour la suite de votre quête, votre détermination vous fera atteindre des sommets.” “Pas en ce moment ceci dit.” reprit le lapin dans un trait d'esprit. “Et du coup, qu'est-ce qu'on gagne pour avoir résolu vos énigmes ?” demanda Florent. “Le plaisir d'avoir pu résoudre les énigmes retorses du Paroxysme des Abysses.”

Toute l'équipe ressortit ensuite du lac, moyennant quelques noyés de plus pendant la remontée. Personne n'avait jugé cette expérience plaisante.

Le Paroxysme des Abysses

Les jours avaient passé, et voilà que nos aventuriers faisaient face à un immense fossé, duquel émanaient des hurlements que l'on aurait cru provenant de damnés. Le lapin coincé dans un chapeau savait ce que c'était. “Ah, je sais ce que c'est.” “Vous savez ce que c'est ?” rétorqua Florent la Banane-Magicienne. “Oui, je sais ce que c'est.” répondit le lapin. “Et bien allez-y, ça s'appelle comment ?” “Ça a pas de nom cet endroit.” “Mais encore ?” “Cet endroit, c'est un fossé.” “... continuez.” “C'est un fossé rempli d'anciens intercalaires rouges.” Des chuchotements se faisaient entendre dans la troupe. “Oui bah c'est pour ça que j'ai traîné avant de répondre, j'essayais de trouver un euphémisme pour l'annoncer, mais rien à faire, c'est un fossé rempli de gens comme vous ... En fait l'histoire a été révélée y'a pas très longtemps. Un jour, un des gugusses de la fête de l'emploi s'est renversé une tasse de tisane brûlante sur la cuisse, il a poussé un cri si fort qu'il en a perdu la raison peu après, et a eu une idée atroce suite à cet accident. Dès le lendemain, il a commencé à convoquer les gens placés dans des intercalaires rouges, et ce pendant des mois, pour leur proposer de sortir de cette situation en leur donnant une place de choix dans un grand projet de générateur d'énergie perpétuelle. Sans plus de détails, les gens acceptaient, parce qu'il existe rien de pire au monde que d'être dans leur situation. Mais en fait ... ce qu'il a pas précisé ... c'était que l'énergie perpétuelle, ce serait eux.” Des frissons glaçaient le sang de bon nombre de gugusses de la troupe. “Le type de la fête de l'emploi les envoyait ensuite pas loin d'ici, dans un couloir qui les mènerait dans ce fossé. Il se finissait sur une trappe qui pouvait pas s'ouvrir depuis le fossé, du coup les gugusses restaient coincés dedans. Et une fois là-dedans, un système de canalisations leur balance de l'eau bouillante dessus, ce qui les fait hurler. L'eau est ensuite récupérée dans des égouts en-dessous, puis réchauffée, puis rebalancée sur eux ensuite, à l'infini. L'action des hurlements combinée à la vapeur parfois provoquée par l'eau provoque un anticyclone qui fait que ça fait des bourrasques d'air s'échappant du fossé. Et y'a tellement d'énergie produite de la sorte qu'on peut pointer un ventilateur vers le vide, l'allumer, se mettre debout dessus ... et on flotte ! Mieux, on peut rejoindre l'autre rive du fossé comme ça, et c'est ce qu'on va devoir faire.” “Mais ... et c'est encore en marche ?” demanda Florent apeuré. “Oui, le type qui les balançait dans le fossé a été arrêté, mais personne a encore trouvé comment les sortir de là. Du coup on les a laissé, parce qu'ils produisent quelque chose quand même et on a estimé que c'était moralement plus acceptable que de les remettre dans l'intercalaire rouge.”

Plusieurs gugusses de la troupe avaient rebroussé chemin, invoquant une clause de conscience à raison. Les autres commençaient à s'équiper chacun d'un ventilateur pour traverser la zone. Comme pour les abysses, Florent et le lapin étaient partis devant, équipant un ventilateur sous leur vélo. La traversée fut perturbante, la chaleur provenant de la vapeur et les hurlements continus des victimes de ce terrible dispositif provoquaient des maux de tête carabinés. Plusieurs gugusses de la troupe avaient même chuté dans le vide, et ainsi rejoint les victimes. “Y'a encore beaucoup d'endroits pénibles comme ça sur votre carte ?” demanda Florent perturbé au lapin. “Quatre ou cinq je dirais, faut pas oublier que c'est sensé être une épreuve d'atteindre votre Bâton.” “Et pourquoi faut suivre la carte à la lettre ? On pouvait pas juste contourner ce fossé et continuer ?” “Non, on pourrait louper un indice ... comme ça par exemple.” Des cormorans avaient établi leur nid dans le fossé juste sous leurs pieds. “En quoi c'est un indice ?” “Ah ça j'en sais rien, mais vous noterez qu'on aurait pas vu ça si on avait contourné le fossé, comme on aurait pas vu le machin des abysses si on était pas allé tout en bas.”

La traversée finit par se terminer sur sa fin, sans que l'équipe n'en déduise de véritable indice. Tout le monde était traumatisé par contre. Ça valait bien la peine.

Ventilateurs et Vapeur

La prochaine étape du périple de Florent, du lapin et de leur équipe allait être bien plus agréable. En effet, il était question de traverser la fameuse Route Gourmande, une route sur laquelle moult commerçants et commerçantes proposaient de la nourriture à qui en voudrait, ce qui tombait bien, la plupart des personnes passant sur cette route étant venues pour manger. Un souci se levait cependant : la carte du lapin indiquait que l'équipe devrait faire une halte à chaque stand sur une durée prolongée, afin de prendre le temps de déguster chaque spécialité qui leur serait proposée. La route étant composée de dizaines de stands, le périple allait finalement s'avérer être moins agréable que prévu.

Une liste non exhaustive de ce que l'équipe avait mangé incluait : – un assortiment d'olives de sept couleurs sur lit de tapenade mixte et d'huile. – un vrac de pistaches, de chips, de cacahouètes avec une sauce au fromage blanc et à l'huile. – un bac complet de petits légumes à croquer incluant tomates, carottes, cèleri, chou, le tout grillé sur un lit d'huile. – un assortiment de charcuteries incluant du saucisson, du jambon, et à nouveau du saucisson, le tout relevé à l'huile. – une salade composée avec une sauce moutarde et fromage et des radis revenus dans l'huile. – une galette panée et fourrée avec cinq types de viandes cuites à la poêle puis plongées dans l'huile. – un plat de pâtes tricolore au basilic, au fromage et à la tomate, le tout accompagné d'une pointe d'huile. – trois litres de yaourt à la crème et aux fruits de saison, avec un assaisonnement à l'huile. – une glace vanille-café-chocolat-fraise-pistache-melon, posée sur des cônes plongés dans l'huile.

Arrivant sur la fin de la route, l'équipe était dans un état épouvantable. Plusieurs membres avaient même succombé à diverses formes d'indigestions. Les autres ne se sentaient plus capables de manger jusqu'à la fin de leurs jours. Mais le pire arrivait ... le dernier stand était tenu par un commerçant qui n'était que trop familier ... “Ah ! Mes mangeurs de BISCUITS FISSURÉS !” Vu qu'il était assez agressif en général, il était impossible de savoir si le canard de la biscuiterie était ravi ou énervé de revoir Florent et le lapin qu'il avait intoxiqué plusieurs mois plus tôt. “J'ai peut-être fermé ma BOUTIQUE, mais je veux TOUJOURS faire des biscuits. Et je vous AI VUS, VOUS AVEZ TOUS TOUT MANGÉ À TOUS LES STANDS ! Alors vous allez AUSSI manger mes BISCUITS !” Florent se tourna vers le lapin en posant une question à voix basse, le tout en retenant ses contractions d'estomac. “On a ... trouvé aucun indice sur ... tous ces stands, ce serait ... quand même pas de chance qu'il ... y en ait un sur celui ... auquel il faut surtout pas s'arrêter ...” “Et puis j'ai une SURPRISE, dans un de mes BISCUITS, il y a une PRÉDICTION CACHÉE sur un PAPIER. J'ai vu ça dans D'AUTRES BISCUITS.” “... je suis désolé ...” répondit le lapin désemparé. Mais ce dernier avait également ... des contractions d'estomac, et surtout une idée, ponctuée par une volonté de vengeance assez cruelle. “... écoutez ... on vous prend tout votre stock ... mais en échange ... vous allez acheter une part de pain de mie à notre ami grille-pain ici présent ...” “MARCHÉ CONCLU ! En plus J'ADORE le pain de mie, j'en mets dans mes BISCUITS.” Le biscuitier alpagua le grille-pain gris qui grille du pain-demi ou un truc comme ça. “Eh VOUS ! Je vais vous prendre du pain de mie !” “C'est comme si c'était fait !” répondit le grille-pain en lui tendant du pain-demi. “Mais NON ! Ça c'est du pain-demi, je peux RIEN en faire ! Vous avez pas plutôt du pain de mie ? C'est pour le griller dans mes biscuits.

Deux heures plus tard, la Route Gourmande avait été mise à feu et à sang par le grille-pain trop énervé, le tuant lui, le biscuitier, plusieurs commerçants et membres de la troupe au passage. Mais Florent et le lapin avaient bien trouvé leur petit bout de papier, sur lequel était écrit ... “biscuit”.

La Route Gourmande

La prochaine étape du voyage faisait passer Florent, le lapin et leur compagnie par une muraille de pierres très ancienne. Il leur fallait traverser une arche qui reliait les deux côtés. “Ah chouette, je voulais visiter cet endroit à un moment, je suis content qu'on passe par là.” s'enthousiasma Florent. “Ah bon ? Je connais pas cette muraille, qu'est-ce qu'elle a de particulier ?” rétorqua le lapin géographe qui n'était décidément pas incollable en géographie. “C'est une ancienne muraille qui a été érigée par un peuple qui voulait éviter de se faire attaquer par un autre peuple. On dit qu'elle a été construite en une nuit dans l'urgence, mais avec l'aide de tous les magiciens de la région qui ont invoqué des forces mystiques pour y parvenir.” “Je vous demande pardon ?” Cette dernière réplique avait été prononcée par un gugusse qui tenait un guichet implanté sous l'arche. Il s'agissait a priori d'un garde-frontière, mais personne lui avait demandé son avis donc c'est ce qui a été déduit. “Et bien, je disais que cette muraille avait été érigée avec des forces mystiques et que “Teupeuteupeuteup, pouvez-vous le prouver ?” “Et bien c'est une histoire qu'on se partage entre magiciens et “A-t-il été admis SCIENTIFIQUEMENT que des preuves tangibles du fait que cette muraille a été érigée par des forces SURNATURELLES et qui DÉPASSENT L'ENTENDEMENT, OUHOUUUUU, existent ?” “Mais c'est pas comme ça que les historiens travaillent.” “Ah ? Vous pensez mieux connaître l'Histoire que les historiens ! Osez me pardonner de mon erreur, vous êtes certainement détenteur d'un doctorat !” “Mais qu'est-ce que vous me cassez les pieds à la fin, au pire c'est une jolie histoire de folklore et j'ai un peu diverti mon ami lapin, est-ce que c'est si grave ?” “On ne DÉROGE PAS à la rigueur scientifique espèce de charlatan ! Vous manipulez les biais des gens avec vos récits tarabiscotés et insensés. Mais bon, vous avez dit que vous êtes magicien c'est ça ? Et bien ce n'est pas étonnant, c'est un métier déplorable.” “Oh mais c'est pas vrai, ça fait des semaines qu'on marche loin de toute allusion à la fête de l'emploi et on tombe sur vous !” “Et c'est qui les ahuris qui vous accompagnent, c'est une secte, c'est ça ?” “On est parti à la recherche du Bâton Fabuleux, la mère de toutes les baguettes magiques.” “Oui, c'est une secte du coup. Je la connaissais pas celle-là.” “Mais je suis vraiment magicien, tenez, je vais vous le prouver, choisissez une carte.” “Elles sont où vos cartes ?” “Hop ! Sous les pierres derrière vous ! Vous expliquez ça comment ?” “Vous avez très bien pu vous introduire dans mon local quand je n'y étais pas et les y placer. Refaites votre expérience en double-aveugle randomisé et soumettez l'article constatant vos résultats. On fera ensuite des méta-analyses et je pourrai vous dire si vous êtes magicien d'ici sept ans, six si on a de la chance.” “Bon écoutez on va juste partir, la route est encore longue.” “Vous savez que j'ai raison, et je peux vous le prouver tout de suite ! Plusieurs de vos camarades ont quitté le groupe depuis le début de notre conversation, c'est mon débunkage qui les a convaincu !” Le lapin coincé dans un chapeau intervint. “Écoutez-moi bien espèce de vieux cornichon aigri, on a pas fait tout ce chemin pour se faire rembarrer par un rat de laboratoire qui vit dans un guichet humide, et qui est pas fichu d'appliquer ses reproches à lui-même, vu que vous êtes plus prompt à affirmer que des gens quittent un groupe grâce à vous et pas juste parce qu'ils partent prendre l'air plus loin pour éviter d'attraper mal au crâne à cause d'un père-la-morale. Alors maintenant vous allez la boucler et nous laisser passer, sinon sceptique ou pas sceptique, j'hésiterai pas à vous pousser dans la fosse qu'on a traversé l'autre jour juste pour plus vous entendre.” “Oh ! Des attaques sur mon physique ! De la violence ! Vous êtes à court d'arguments et je peux vous “Mais en fait pourquoi on s'en va pas, juste ? Il a pas dit qu'on avait pas le droit de passer.” souligna Florent réalisant soudainement qu'on aurait pu éviter ce chapitre. Le groupe s'exécuta et continua paisiblement sa route.

Le Sceptique Aigri

Les jours se suivaient et se ressemblaient. Une nouvelle épreuve attendait désormais la Communauté du Bâton, qui se nommait ainsi à l'initiative d'une seule personne du groupe qui trouvait le nom sympa mais les autres non. Voilà que le groupe faisait face à une immense prairie qui semblait pivoter selon un axe central. Au milieu de cette prairie se dressait un mât, auquel étaient attachés des dizaines de milliers de vêtements, mais surtout des tabliers. Ces tabliers pivotaient également en conséquence à une vitesse foudroyante, et ce sur toute la surface de la prairie, sur des dizaines de mètres de haut. “Ah ... la Toupie des Tabliers.” déclara le lapin coincé dans un chapeau, dont la tension avait soudainement fait un bond. “La quoi ?” répondit Florent qui avait récupéré son inculture en géographie depuis le chapitre précédent. “Vous vous souvenez de la Route Gourmande par laquelle on est passé voilà quelques semaines ?” “C'est difficile à oublier, on a plus rien mangé depuis. Je crois que les biscuits de l'autre ont définitivement détruit notre système digestif.” “Ici, on est sur le site des toutes premières Routes Gourmandes, site qui a été abandonné aujourd'hui, vous voyez pourquoi. Tous ces vêtements, tous ces tabliers, ce sont ceux des cuisiniers et cuisinières qui ont péri par la faute d'un commerçant un peu trop avenant. Vous voyez, à l'époque, la Route Gourmande incluait une notion de compétition. Le commerçant qui aurait eu la meilleure idée gagnait. Que gagnait-il ? Qui décernait le prix ? Sur quelles bases définissait-t-on la meilleure idée ? Ça, personne ne l'a jamais su, pas même les contemporains de cette épreuve. Il fallait juste gagner. Alors pour gagner, ce commerçant trop avenant s'est dit qu'il allait inventer la cuisson au vent. Il avait préparé plein de petits gâteaux, et branché plusieurs dizaines d'éoliennes et de ventilateurs en direction de ses petits gâteaux. Il s'est dit qu'en accumulant assez de vent, cela provoquerait une force de frottement telle que ça pourrait cuire ses petits gâteaux. Mais en mettant son dispositif en marche, le vent provoqué était tellement fort qu'il a désolidarisé le sol qui s'est mis à tourner comme une toupie. Tout le monde en est mort, leurs étals se sont décomposés et ont formé un mât de câbles et de fondations qui ont fusionné dans l'axe, et leurs vêtements s'en sont désolidarisés à leur tour pour former ce que vous voyez là en ce moment, une Toupie qui fait pivoter des dizaines de milliers de Tabliers en l'air.” “Et donc il va falloir qu'on passe là-dedans ...” “On doit terminer cinq tours, dans le sens contraire de la rotation.” “... on peut faire les tours près de l'axe ? Ce sera plus vite fini.” “Non, plus on s'approche du centre, plus ça souffle fort, plus il y a de vêtements, plus on va se prendre des coups et potentiellement finir emporté dans le cycle, ou pire.”

Le groupe finit par poser le pied sur la toupie. Le sol était comme un manège bien trop grand, dans lequel le tournis finit par l'emporter sur le bon sens. Par chance, plus personne n'avait d'estomac depuis l'ancienne Route Gourmande, et il leur était donc devenu impossible d'avoir des nausées considérables. Mais tout de même. Plusieurs membres se prenaient des coups de tabliers, certains mourraient sous les coups répétés de ces vêtements envolés, comme si les cordes à linge avaient décidé de se révolter et d'attaquer les espèces vivantes de ce monde. Jamais plus les survivants ne verraient de manège, ni de corde à linge de la même manière.

“Attendez, mais je connais un sort pour immobiliser les surfaces !” Florent s'était soudainement souvenu de son métier. “Tournicoti, tournicota, rouli-roula et bien non !” Après des dizaines d'années de rotation, la prairie s'était enfin stoppée, et les vêtements étaient tombés au sol. “Vous auriez pas dû faire ça, on va peut-être rater l'indice !” souligna le lapin coincé dans un chapeau. “Ah oui c'est vrai. Bon bah ... Tournicoti, tournicota, rouli-roula et bien oui !” La rotation avait repris de plus belle, et le groupe parvint au terme de ses cinq tours, sans trouver d'indice, mais avec plusieurs pertes de membres, dont celui qui avait trouvé le nom de la Communauté du Bâton. Cela avait soulagé tout le monde.

La Toupie des Tabliers

Florent, le lapin et leur troupe étaient parvenus au bord d'une plage paradisiaque. Comme dans toute plage paradisiaque, il y avait du sable et de l'eau, ce qui est considéré par certaines personnes comme source de tranquillité. “Alors d'après les flèches de la carte ... on doit s'arrêter et patienter pendant trois semaines ici.” décrypta le lapin à partir d'une flèche incurvée et d'un trou dans le papier. “Ah bon ? Mais ça va nous aider en quoi ?” s'interrogea Florent. “C'est une convention de carte d'aventure chez les géographes, comme quoi il faudrait faire des pauses dans la quête, pour prendre des vacances. Donc c'est assez commun de trouver des cartes comme ça qui vous disent de ne rien faire pendant une longue période, de juste rester cool et de profiter avant de repartir.” La troupe décida de suivre l'instruction et de se détendre. Ils choisirent de rester debout au milieu de la plage sans rien faire pendant trois semaines.

Des Vacances à la Cool

“trois ... deux ... un ... zéro, c'est bon, ça fait trois semaines !” déclara Florent la Banane-Magicienne ravi de voir les vacances en station debout terminées. Une partie de la troupe avait pu reprendre la route, l'autre non car étant morte d'insolation.

Le trajet de la carte fit passer le groupe par un très haut massif montagneux. Ce massif avait pour particularité singulière d'être recouvert ... d'une forêt d'endives géantes. “Ah voilà, on est presque arrivé !” annonça le lapin coincé dans un chapeau de manière assez guillerette. “Hein ? Au milieu des endives ?” répondit Florent de manière étonnée. “Oui, quelque part dans cette forêt, il y a l'entrée d'une grotte qui est cachée. On doit traverser cette grotte, résoudre une énigme, et l'énigme résolue, le chemin vers le Bâton nous sera ouvert.” “Mais pourquoi l'entrée est dans des endives ?” “Ici, avant, c'était une plaine montagneuse. Et puis un jour un fermier est arrivé, et a semé des centaines et des centaines d'endives sur toute la surface. Tout le monde détestait les endives, sauf lui, il adorait ça et était persuadé que tout le monde en mangeait. Donc il a semé plein d'endives pour en distribuer à tout le monde. Quand il a réalisé que personne ne voulait de ses fichues endives, il a pas eu la foi de tout déterrer, et s'est contenté d'en faire une réserve personnelle. À sa mort, personne n'a voulu s'occuper de son champ d'endives, qui n'a cessé de croître jusqu'à aujourd'hui, au point de devenir une forêt invasive, classée dans le patrimoine de la pollution par plusieurs organisations. Sérieusement, regardez ce chantier, rempli de trucs dégueulasses et qui servent à rien, c'est une catastrophe semi-naturelle.” “Et il a pas laissé d'indication pour trouver notre grotte ?” “Non, il voulait juste semer des endives.”

Pour trouver la grotte plus efficacement, le groupe se sépara en plusieurs entités. Chacune était par ailleurs équipée de trépieds grâce à l'intervention du yéti sur trépieds, habitué aux chemins de montagne, et qui était parvenu à survivre jusqu'ici malgré son dispositif très contraignant. Cette forêt d'endives s'avérait néanmoins très sauvage, des cormorans y avaient établi leurs nids et attaquaient quiconque s'en approchait, parfois jusqu'à la mort, ce qui arriva à une grande partie de la troupe. Cela restait un chemin de montagne, peu facile à pratiquer même avec des trépieds, il n'était ainsi pas rare de glisser et de dévaler une pente sur plusieurs mètres, le tout en étant roué de coups par les endives géantes sur le passage, parfois jusqu'à la mort, ce qui arriva à une grande partie de la troupe. Le yéti n'était quant à lui pas en reste, bien qu'habitué à la montagne, il était par contre allergique aux endives et décida de rebrousser chemin. Le temps de surélever ses trépieds pour s'éloigner du sommet de la forêt lui serait bien insuffisant. “Là ! Au loin ! Une endive au jambon !” Florent la Banane-Magicienne s'était exclamé avec bonheur. En surélevant à son tour son vélo avec l'aide de ses trépieds, il avait pu apercevoir au loin une des endives qui était en grande partie enroulée dans une immense tranche de jambon. C'était forcément un indice.

Arrivés à l'endive mystérieuse, Florent et le lapin décidèrent de dérouler la tranche de jambon qui était autour, ce qui eut pour effet de décomposer l'endive, qui fit apparaître une grotte en son cœur. “C'est bon, on a trouvé, venez ici !” s'écria le lapin pour rappeler les membres de la troupe qui cherchaient la grotte en d'autres coins. ... mais après plusieurs heures d'attente, il fallait admettre l'évidence : les derniers membres de la troupe s'étaient perdus dans la forêt et ne reviendraient plus ... Au fil du trajet, depuis Hertzenfoulchenheim, la cinquantaine de personnes qui accompagnait Florent et le lapin avait fini par être entièrement décimée.

Les Endives Polluantes

Le parcours de la grotte était relativement décevant. Il s'agissait d'une bête ligne droite au milieu de la roche. Aucun virage, aucune porte, aucune décoration pittoresque, c'était juste un tunnel nul. Et puis Florent et le Lapin arrivèrent au bout de la grotte, et y virent leur première porte, qui ressemblait à une banale porte en pierre avec une poignée sur le côté, si ce n'est que deux éléments gravés dessus la rendaient particulière. En premier lieu, une réplique parfaite de la carte décrivant le chemin de Hertzenfoulchenheim à cette porte ; en second lieu, un texte cryptique, que Florent lut à voix haute pour en faire profiter tout le monde. “Nobles chevaliers, ou vaillants palefreniers. Jusque cette porte vous êtes arrivés, pour cela soyez félicités. Un long périple vous avez traversé, et une relique vous sera proposée. Mais pour cela vous devez, résoudre l'ultime énigme de cette épopée. Pour que la solution soit trouvée, la réflexion va devoir s'absenter ... ouais bah ça nous aide pas.” “Attendez, c'est bizarre, la dernière phrase elle rime pas avec les autres.” “Non, ça c'est pas écrit sur la porte, c'est ma réflexion personnelle.” “Ah, mais non du coup, l'énigme elle a dit qu'il fallait pas réfléchir, donc vous êtes déjà trop loin.” “Bah vous êtes drôle vous, comment vous voulez résoudre une énigme sans réfléchir ? Même si la solution est toute bête, il faut la trouver.” “Ça doit avoir un rapport avec les destinations qu'on a traversé, vu que la carte est gravée dessus, faut sûrement qu'on appuie sur les flèches des endroits les plus notables. On est passé par où, déjà ?” “On a commencé par cette zone en nickel.” “Ensuite on a visité les abysses et on a rencontré le paroxysme.” “Puis on a volé au-dessus de cette zone, et au milieu on y a vu des cormorans.” “On a mangé trop de choses et on a détruit notre système digestif avec des biscuits.” “Puis on est passé sous une arche et on a rencontré un cornichon.” “Ensuite on a franchi des rangées de vêtements furieuses qui tournaient comme une toupie.” “Là c'est le moment où on a pris des vacances.” “Et puis on est arrivé dans cette forêt d'endives et on a trouvé cet endroit avec du jambon.” “Et enfin on est devant cette porte.” “... voilà c'est tout ? Vous avez bien appuyé sur tous les points qu'on a cité ?” “Nickel, paroxysme, cormoran, biscuit, cornichon, toupie, vacances, jambon, porte, ... oui.” “... et il s'est rien passé ?” “Bah écoutez, j'ai même pas eu l'impression d'appuyer sur des boutons en fait, juste de frôler des bouts de pierre.” “Ça c'est curieux, je vois pas ce qu'on pourrait trouver de plus simple comme solution qui exige une absence de réflexion ... pourtant on a tous les indices, il reste un lieu notable qu'on a pas mentionné ?” “Bah non.” “C'est incroyable tout de même, comment on pourrait ouvrir cette porte ?” “En poussant la poignée ?” En absence de toute réflexion, Florent poussa la poignée en prononçant cette phrase, et la porte s'ouvrit.

Derrière la porte, il y avait le fond d'un puits très large. Au milieu de ce puits trônait une banale baguette noire aux bouts blancs jetée négligemment au sol et baignée de la lumière provenant du haut du puits. “... le Bâton Fabuleux !” s'exclama Florent la Banane-Magicienne. “Et bah c'est pas dommage. Bon allez, maintenant je peux vous tuer.” “... hein ?”

Absence de Réflexion

“Quand vous m'avez adressé la parole pour la première fois, j'ai longtemps insisté sur le fait que ça faisait sept ans que vous me gardiez captif dans votre chapeau. On est parti à l'aventure pendant au moins un an depuis, donc ça fait potentiellement HUIT ANS que je suis coincé dans ce chapeau. Et après sept ans de mépris, vous en avez passé un de plus à jamais me demander mon avis, à aucun moment vous vous êtes demandé si j'avais pas envie de sortir, vu que je pouvais pas sortir de moi-même !” “Mais ... vous m'avez rien demandé non plus !” “Non seulement vous exercez un métier de guignol mais en plus vous avez aucune initiative, c'est pas étonnant qu'ils vous aient mal classé à la fête de l'emploi.” “Bah attendez du coup, je vous aide à sortir maintenant.” “C'est pas la peine, c'est trop tard, le mal est fait. Je vous ai dit dès le départ que ma vie était fichue désormais.” “Bah je vous laisse dedans du coup.” “De toutes façons, vous vous êtes jamais soucié de savoir ce que je voulais, ça fait un an que vous me trimbalez partout sans me demander mon avis !” “Mais décidez-vous bon sang ! Vous voulez sortir ou pas ?” “Vous comprenez rien !” “Vous arrivez pas à vous décider non plus !” “Vous avez bousillé ma vie et continué de le faire comme si de rien n'était. Je vous hais vous m'entendez ? Je vous hais !” “Mais vous vouliez quand même partir à l'aventure avec moi à un moment. Un géographe pour guider un magicien vers sa relique suprême ! On s'est tellement bien accordé qu'on finissait les phrases de l'autre devant la porte tout à l'heure !” “CETTE PHASE ÉTAIT RIDICULE !” “Et puis vous avez pris plaisir à déchiffrer cette carte et à nous guider pendant des mois et des mois ! Vous avez quand même des compétences pour lire une carte que j'aurais pas eu, moi !” “Et voilà, vous ramenez de nouveau tout à vous.” “Quoi ? Mais je viens de vous complimenter !” “Mais vous vous autoréférencez quand même dans le tas parce que vous êtes ingrat.” “Attendez, on vient de traverser un nombre incalculable de régions avec pas loin de cinquante personnes. Si on est là aujourd'hui c'est quand même l'esprit d'équipe qui nous l'a permis !” “Ah oui, belle équipe ! Cinquante personnes qui se sont soit barrées, soit tuées pour votre pomme.” “Je vous signale que vous meniez ce groupe autant que moi.” “Je pouvais pas ! J'étais coincé dans un chapeau, pauvre tâche !” “Et puis pourquoi vouloir me tuer seulement maintenant ? Vu tous les endroits horribles par lesquels on est passé, vous avez eu des dizaines d'occasions de le faire.” “JE POUVAIS PAS ! J'ÉTAIS COINCÉ DANS UN CHAPEAU, PAUVRE TÂCHE !” “... bon ... écoutez ... calmez-vous ... Ne laissez pas s'évader votre haine, on est arrivé ...” “ET COMMENT QU'ELLE VA S'ÉVADER MA HAINE. ELLE VA TELLEMENT S'ÉVADER QUE VOUS ALLEZ FINIR EN CHARPIE AU PIED DE VOTRE SUPER BAGUETTE MAGIQUE.” “... mais ... de toutes façons, vous pouvez pas bouger.” “Vous faisiez bien avancer votre vélo avec votre volonté magique, non ? Moi, ma haine va me permettre de sortir de ce chapeau pour vous écrabouiller !” “...” “... gngngngngngngnnn ...” “Ah bah oui, vous pouvez pas me tuer maintenant non plus en fait.” “... bon, j'arrive pas à sortir. Mais je jure de me venger de vous, et de vous tuer jusqu'à ce que vous soyez mort !” “Vous voulez vraiment pas que je vous aide ?” “Je veux vous tuer bougre d'andouille ! Si vous m'aidez vous mourrez !” “Je connais un sort de téléportation, vous serez hors du chapeau en moins de deux !” “Ah bah c'est au bout d'un an de voyage pénible que vous le dites, merci !” “C'est vous qui avez insisté pour qu'on suivre la carte précisément, pour récupérer des indices qui nous ont finalement pas servi.” “Je sais pas encore comment je vais m'évader de là, mais une chose est sûre, s'il y a bien une chose qui s'évadera pas, C'EST MA HAINE POUR VOTRE INGRATITUDE.” “Attendez, la formule de téléportation c'est quoi déjà ... c'est la fusion de deux mots ...” “Je vous souhaite de la trouver vite AVANT QUE JE VOUS FLAMBE.” “... Téléportoi !”

Une Évasion de Haine